Critique

Ponyo sur la falaise

Titre original : Ponyo

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Ponyo sur la falaise

Ponyo sur la falaise

Ponyo sur la falaise, en 2008, raconte l’amitié entre un petit garçon et une créature marine décidée à devenir humaine, pendant que l’océan, la magie et les mères débordent allègrement des limites ordinaires. Hayao Miyazaki y dirige les voix japonaises de Yuria Nara, Hiroki Doi, Tomoko Yamaguchi, Yuki Amami et George Tokoro avec une liberté plastique qui a immédiatement déclenché la dévotion. Il faut dire que Miyazaki sait très bien comment rendre un caprice cosmique acceptable : tout est rond, mobile, liquide, vivant. Et c’est justement là qu’on commence à se méfier. À force d’enchantement assumé, le film ressemble parfois à une saturation de tendresse. Le merveilleux n’y surgit pas ; il s’y installe comme régime par défaut.

2008, c’est aussi l’année où la crise financière mondiale démontre brutalement que les systèmes les mieux huilés peuvent se dérégler en quelques semaines. Ponyo répond à cette désagrégation réelle par une autre forme de débordement : pas bancaire, mais aquatique, familial, mythologique. Le monde entier perd le contrôle de ses structures ; Miyazaki fait pareil avec les flots, mais en peignant la catastrophe sous forme de procession adorable. C’est splendide, bien sûr. C’est aussi une manière très sophistiquée de neutraliser l’angoisse par la grâce.

Le film reste charmant, inventif, traversé de trouvailles sublimes. Il l’est peut-être trop. On sent à quel point Miyazaki connaît son pouvoir d’émerveillement et n’hésite pas à l’utiliser à saturation. À force de nous bercer, Ponyo finit par flotter au-dessus de toute contradiction. C’est beau, mais cette beauté a quelque chose d’un peu anesthésiant.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un seau de peinture bleue aurait été confiné après avoir tenté “d’absorber seul la totalité du Pacifique émotionnel du film” dans l’atelier d’animation.