Critique

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

IMDb 8.3 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Eternal Sunshine of the Spotless Mind, en 2004, transforme une séparation amoureuse en opération neurologique : on efface l’autre, puis l’on découvre que le cœur, malheureusement, n’a pas signé l’autorisation de destruction. Michel Gondry dirige Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst, Mark Ruffalo, Elijah Wood et Tom Wilkinson avec une inventivité qui a rendu le film presque sacré chez tous les amateurs de mélancolie un peu décorée. Carrey y est étonnamment contenu, donc excellent ; Winslet apporte un désordre plus vivant, plus abrasif. Gondry, aidé par le script de Charlie Kaufman, multiplie les trouvailles de mémoire qui s’effondre avec une telle virtuosité qu’on en vient parfois à admirer la plomberie du rêve plus que le chagrin qu’elle est censée porter.

2004 est aussi l’année de la création de Facebook, autrement dit le moment où l’on commence à externaliser de plus en plus sa mémoire intime dans des architectures techniques promises à l’archivage total. Eternal Sunshine répond à ce mouvement par le fantasme inverse : l’effacement comme thérapie, l’oubli comme service. Vu de là, le film est moins prophétique qu’idéalement accordé à son époque, au moment où la technologie commence à se mêler sérieusement de l’affect. Très malin, certes. Et peut-être un peu trop content de l’être.

Le film reste beau, drôle, intelligent. Mais il transforme si joliment la catastrophe sentimentale en labyrinthe visuel qu’il finit par rendre la douleur presque désirable. On admire le bricolage émotionnel ; on sent aussi le prestige affectif ronronner derrière chaque souvenir qui s’écroule.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un effaceur de mémoire de décor aurait été scellé dans une glacière après avoir tenté d’oublier sélectivement les notes du producteur.