Critique

Little Miss Sunshine

IMDb 7.9 / 10
Allociné 4.3 / 5
Rotten T. 91%
Critique
Affiche de Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine, en 2006, entasse une famille dysfonctionnelle dans un van Volkswagen pour conduire la benjamine à un concours de beauté infantile où tout le monde, idéalement, devrait se ridiculiser ensemble. Jonathan Dayton et Valerie Faris dirigent Abigail Breslin, Greg Kinnear, Toni Collette, Paul Dano, Steve Carell et Alan Arkin avec cette fausse modestie indie qui plaît tant aux jurys : chacun a son petit traumatisme, son tic, son angle de tendresse. Abigail Breslin est formidable, bien sûr ; Paul Dano trouve déjà une manière très pure de jouer la crispation ; Alan Arkin, plus démonstratif, impose son numéro de vieux sale type avec une efficacité un peu trop récompensable. Le film sait exactement comment équilibrer l’ironie et la consolation.

2006 est aussi l’année où Twitter naît publiquement, inaugurant une époque où le commentaire bref, l’embarras visible et la mise en scène de soi deviennent des habitudes sociales. Little Miss Sunshine fonctionne presque déjà comme un fil d’humiliations familiales avant l’heure : chaque personnage y livre sa petite catastrophe identitaire dans un format portable, drôle, partageable. Cela ne retire rien à l’émotion ; cela dit juste que le film sent très bien une culture où la honte et la tendresse peuvent cohabiter à vitesse réduite.

Ce qui m’agace légèrement, c’est sa parfaite docilité émotionnelle. Il se donne des airs de chaos familial, mais tout y est dosé avec une intelligence très polie. Même la défaite y devient un atelier de réparation psychique. On rit, on s’attendrit, on ressort presque mieux que les personnages. C’est sans doute la preuve d’un savoir-faire. C’est aussi une manière assez nette de neutraliser le vrai désordre.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un klaxon du van aurait été changé d’urgence après avoir pris “des initiatives satiriques incontrôlées” lors des scènes de crise conjugale.