Critique
Titre original : The LEGO Movie
La Grande Aventure Lego
La Grande Aventure LEGO, en 2014, transforme des briques industrielles en réflexion sur la créativité, le conformisme et la propriété intellectuelle avec les voix de Chris Pratt, Elizabeth Banks, Will Ferrell, Will Arnett, Morgan Freeman et Alison Brie. Phil Lord et Christopher Miller, qui excellent à rendre charmant ce qui devrait être pure stratégie corporate, livrent un film d’une énergie impressionnante. Et c’est bien là ce qui le rend suspect. Chris Pratt apporte sa candeur bondissante ; Will Arnett fait le Batman autocitationnel comme un professionnel de l’ironie rentable ; le duo Lord/Miller transforme l’imagination enfantine en argument de marque si efficace qu’on se surprend presque à applaudir un catalogue.
2014 est aussi l’année où l’économie dite “plateforme” s’installe de plus en plus comme mode naturel d’organisation du monde. La Grande Aventure LEGO arrive dans ce climat et le reflète magnifiquement : tout est modulaire, recombinable, personnalisable, mais à l’intérieur d’un système propriétaire très heureux qu’on célèbre sa flexibilité. Le film croit critiquer le conformisme ; il prouve surtout qu’une multinationale peut vendre la subversion en petites pièces clipables.
Cela reste drôle, vif, malin. Mais ce malin-là sait trop bien ce qu’il fait. Chaque gag, chaque rupture, chaque élan méta renforce exactement la machine qui prétend s’en moquer. On admire la vitesse de l’esprit ; on peut aussi regretter que l’anarchie y soit si admirablement homologuée.
🎬 Le saviez-vous ?
une brique rouge de référence aurait lancé une pétition interne pour “déconstruire l’hégémonie narrative des pièces spéciales” dans le coffre accessoires.