Critique

Inside Llewyn Davis

IMDb 7.4 / 10
Allociné 4.5 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Inside Llewyn Davis

Inside Llewyn Davis

Inside Llewyn Davis, en 2013, suit un chanteur folk médiocre ou peut-être génial, donc fatalement pauvre, qui erre de canapé en canapé dans le Greenwich Village pré-Dylan. Joel et Ethan Coen y dirigent Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake, John Goodman, Garrett Hedlund et Adam Driver avec un talent si net pour la mélancolie ironique qu’il devient difficile de ne pas sentir le dispositif avant le désespoir. Oscar Isaac est magnifique, évidemment ; sa présence donne au film une densité que les Coen semblent presque punir par principe. Carey Mulligan apporte une brutalité utile ; John Goodman fait son numéro de chaos comme un vieux démon bien nourri. Les Coen, après No Country for Old Men et True Grit, savent parfaitement transformer la dèche en élégance narrative.

Le film sort l’année où Bob Dylan reçoit encore et toujours son statut de référence absolue de la culture populaire lettrée, dans un contexte plus large de patrimonialisation du folk, de l’archive et des récits de scène “authentiques”. Inside Llewyn Davis profite de ce climat : il raconte moins un homme qu’une version très soignée du perdant pré-légendaire, le type qui n’entre pas dans l’Histoire mais aide à rendre les autres désirables. C’est intelligent, mais très conscient de son intelligence.

On admire la musique, les ellipses, les humiliations répétées, le chat. On peut aussi se lasser d’un film qui semble savourer à ce point la noblesse triste de son ratage. Les Coen sont parfois plus acides lorsqu’ils cessent d’être aussi élégants avec le malheur. Ici, l’échec a presque trop belle allure.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un chat roux de répétition aurait été brièvement promu “conseiller existentiel” après avoir fixé Oscar Isaac d’un air jugé plus critique que l’ensemble du festival de Cannes.