Critique

French Connection

Titre original : The French Connection

IMDb 7.8 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de French Connection

French Connection

French Connection, en 1971, suit Popeye Doyle dans sa traque obsessionnelle d’un réseau international de drogue entre New York, Marseille et quelques accélérations de voiture devenues religion. William Friedkin dirige Gene Hackman, Roy Scheider, Fernando Rey et Tony Lo Bianco avec une brutalité nerveuse qui a très vite fait du film un étalon du polar moderne. Gene Hackman est sensationnel, mais là encore le problème est justement la célébration quasi automatique de sa rugosité : on admire tant son énergie sale qu’on oublie parfois à quel point le film épouse sans distance une forme de brutalité policière extraordinairement complaisante. Friedkin, avant L’Exorciste et Sorcerer, trouve ici sa ligne électrique ; il la tient jusqu’à faire de l’hostilité une valeur esthétique.

1971 est aussi l’année de la publication des Pentagon Papers, autre grand moment américain de défiance envers les institutions et de dévoilement des mécanismes de pouvoir. The French Connection s’inscrit pleinement dans ce climat : il montre un ordre public qui ne se distingue guère du chaos qu’il prétend combattre. Très bien. Mais le film transforme cette confusion morale en carburant d’efficacité pure, si bien qu’on en vient à applaudir la brutalité plutôt qu’à la regarder de biais.

C’est sec, vif, important historiquement. C’est aussi un film qui a tellement bien imposé son modèle qu’on lui pardonne encore un certain plaisir macho à salir le monde pour mieux s’y sentir chez lui. La vitesse y fait loi. La réflexion arrive en retard, si elle arrive.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une voiture banalisée de second plan aurait exigé un pare-chocs plus héroïque après avoir jugé “indigne de servir la modernité nerveuse de Friedkin avec une carrosserie aussi résignée”.