Critique

Le Labyrinthe de Pan

Titre original : Pan's Labyrinth

IMDb 8.2 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de Le Labyrinthe de Pan

Le Labyrinthe de Pan

Le Labyrinthe de Pan, en 2006, mêle l’Espagne franquiste d’après-guerre et un conte souterrain peuplé de faunes, d’épreuves et de monstres à travers le regard d’une enfant. Guillermo del Toro dirige Ivana Baquero, Sergi López, Maribel Verdú, Doug Jones et Ariadna Gil avec un sérieux de fabuliste qui impressionne naturellement. Ivana Baquero est très juste, Verdú apporte une chaleur plus terrestre, Sergi López fait du fasciste une incarnation si nette qu’elle finit parfois par relever de la démonstration. Del Toro, après Le Diable et le Trou noir de Cronos et avant Hellboy II, compose un objet magnifique. Trop magnifique peut-être : chaque horreur semble immédiatement transfigurée par un design, une texture, un éclairage capables de lui donner un pedigree d’art.

2006 est aussi l’année où l’Espagne continue de débattre très concrètement de sa mémoire historique, de la guerre civile et du franquisme, tandis que la loi dite de mémoire historique se prépare. Le film entre ainsi dans une société déjà occupée à rouvrir ses blessures. Son mérite est grand. Son confort l’est aussi un peu : il offre une médiation de conte exactement au moment où le réel revient comme dossier public. C’est utile, mais cela adoucit aussi la brûlure.

Le film émeut, fascine, terrifie par instants. On sent aussi à quel point del Toro aime transformer l’histoire en cabinet des merveilles macabre. La douleur s’y orne si bien qu’elle risque parfois de devenir presque trop fréquentable. C’est le paradoxe du film : il dénonce l’horreur en lui donnant des formes sublimes.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un morceau de craie labyrinthique aurait été confisqué après avoir commencé à tracer “des métaphores parallèles sans visa du département symbolique” sur les murs du studio.