Critique
Titre original : Terminator 2: Judgment Day
Terminator 2 : le Jugement Dernier
Terminator 2, en 1991, fait revenir Schwarzenegger du côté des protecteurs, oppose un cyborg liquide à un adolescent trop central et transforme la peur nucléaire en manège de métal, de feu et de mélodrame filial. James Cameron y dirige Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong et Robert Patrick avec une maîtrise technique tellement insolente qu’elle a suffi à faire du film un mètre étalon. Schwarzenegger est parfait dans le bloc de métal progressivement domestiqué ; Linda Hamilton, surtout, porte le film avec une nervosité plus intéressante que tous les canons sci-fi ; Cameron, après The Abyss et avant True Lies, orchestre une démonstration de puissance industrielle où le blockbuster semble vouloir prouver qu’il peut tout faire à la fois. Et c’est justement le problème : il veut tout faire.
1991 est aussi l’année de la dissolution de l’URSS, c’est-à-dire la fin concrète d’un certain imaginaire de guerre froide, de menace atomique binaire et d’apocalypse réglée par deux blocs. Terminator 2 arrive au moment idéal pour recycler cette peur en spectacle ultra-moderne. Il capte magnifiquement une angoisse finissante. Mais en la transformant en opéra pyrotechnique de très haute efficacité, il la rend aussi terriblement consommable.
Le film reste excitant, spectaculaire, incroyablement précis. Il est aussi si conscient de sa propre grandeur technique qu’il transforme chaque scène en argument de vente pour la machine Cameron. On admire l’ingénierie, la poursuite, le métal liquide, la mère guerrière. On admire parfois plus qu’on ne tremble réellement.
🎬 Le saviez-vous ?
un morceau de T-1000 de démonstration aurait été conservé dans un thermos cryogénique après avoir tenté “d’imiter contractuellement le producteur exécutif” devant le département effets spéciaux.