Critique

Le Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau

Titre original : The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring

IMDb 8.8 / 10
Allociné 3.7 / 5
Rotten T. 91%
Critique
Affiche de Le Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau

Le Seigneur des anneaux : la communauté de l'anneau

La Communauté de l’anneau, en 2001, lance un hobbit hors de sa Comté, rassemble un conseil de races, d’épées et de rancunes, et convertit Tolkien en blockbuster mondial sous la direction de Peter Jackson. Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Sean Bean, Orlando Bloom, Cate Blanchett, Liv Tyler et toute une cohorte de figures déjà mythifiées s’y activent avec un sérieux de croisade culturelle. Ian McKellen apporte la vraie verticalité du film ; Sean Bean, par son mélange de noblesse et d’usure, l’empêche parfois de sombrer dans le simple monument. Jackson, après son cinéma de sale gosse gore, trouve ici une maîtrise si pleinement récompensée qu’on en oublie presque qu’elle est aussi une opération de domestication : rendre l’épaisseur du texte compatible avec la fluidité du parc d’attractions héroïque.

2001 est évidemment l’année du 11 septembre, de l’effondrement des certitudes, de la relecture immédiate des mythes de guerre, d’alliance et de mal absolu. La Communauté de l’anneau sort dans ce climat et bénéficie malgré elle d’une nouvelle disponibilité du public à l’idée d’un combat moral limpide, d’une communauté soudée et d’un ennemi total. Cela ne retire rien à la réussite du film ; cela rappelle simplement qu’il a rencontré son moment avec une force historique inouïe.

Reste que l’ensemble a tendance à se prendre pour la totalité de la fantasy respectable. Tout y est noble, grave, réglé, orchestré. Même les hésitations ont l’air validées par une commission du sublime. On admire le souffle, les décors, les troupes, le destin. On peut aussi ressentir une légère lassitude devant tant de majesté si bien administrée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un anneau de doublure aurait été enfermé dans une petite boîte plombée après avoir “tenté d’étendre son influence morale à la comptabilité néo-zélandaise”.