Critique

Un Jour sans fin

Titre original : Groundhog Day

IMDb 8.1 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 96%
Critique
Affiche de Un Jour sans fin

Un Jour sans fin

Un jour sans fin, en 1993, enferme un présentateur météo odieux dans une boucle temporelle où il doit vivre encore et encore le même 2 février jusqu’à ce qu’une forme de sagesse, d’humilité ou de bon scénario le délivre. Harold Ramis dirige Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott et Stephen Tobolowsky avec un art redoutable du dosage entre misanthropie et rédemption. Bill Murray y est magnifique, oui, mais sa manière de jouer l’usure cynique a depuis été tant imitée qu’on oublie parfois qu’elle fonctionne aussi comme un mécanisme très contrôlé. Ramis, qui comprend admirablement la logique du conte philosophique en terrain de comédie, transforme une idée métaphysique immense en programme d’amélioration de soi presque trop satisfaisant.

1993 est aussi l’année des accords d’Oslo, cette tentative historique de faire sortir le Proche-Orient d’un cycle infernal de répétition, de blocage et de méfiance. Le parallèle paraît excessif, donc instructif : Un jour sans fin repose lui aussi sur la croyance qu’une répétition peut être vaincue par apprentissage moral. Le réel, évidemment, a donné une réponse moins propre. Le film, lui, a le luxe de croire que le temps boucle jusqu’à ce que l’homme devienne meilleur.

Et c’est là, précisément, que l’œuvre devient légèrement suspecte. On admire sa construction, son humour, la manière dont elle convertit une prémisse absurde en parcours intérieur. Mais ce parcours a quelque chose d’un peu trop vertueux, trop parfaitement clos. Même l’échec y est utile, même la lassitude y devient une méthode. La boucle n’est jamais si désespérante qu’elle ne puisse être transformée en stage de développement moral haut de gamme.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un réveil-matin de plateau aurait été placé en zone sécurisée après avoir “tenté d’imposer sa propre temporalité contractuelle à l’ensemble de l’équipe”.