Critique

Amours chiennes

Titre original : Amores Perros

IMDb 8.1 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Amours chiennes

Amours chiennes

Amours chiennes, en 2000, tresse trois histoires de Mexico reliées par un accident de voiture, des chiens, de la violence, du désir et cette manière très fatiguée qu’a la ville de broyer les corps. Alejandro González Iñárritu y dirige Gael García Bernal, Goya Toledo, Emilio Echevarría, Álvaro Guerrero et Vanessa Bauche avec une fureur de premier long métrage qui a suffi à installer sa réputation mondiale. Gael García Bernal y est incandescent ; Emilio Echevarría apporte une sécheresse plus durable. Iñárritu, aidé par Guillermo Arriaga, filme tout avec une rage si visible qu’on sent presque le film réclamer son statut de choc international à chaque carrefour.

2000 est aussi l’année de l’alternance politique historique au Mexique avec l’élection de Vicente Fox, après des décennies de domination du PRI. Le pays change de façade politique, et Amours chiennes arrive au même moment pour rappeler que les structures du chaos social, elles, ne disparaissent pas en une nuit. Le contexte donne au film une puissance évidente. Il le protège aussi un peu : sa violence y apparaît comme vérité brute, donc incontestable, alors qu’elle est aussi très mise en forme, très voulue, très performée.

Le film reste puissant, mais cette puissance est d’une nature assez démonstrative. Tout y saigne, tout y aboie, tout y hurle “regardez comme la ville est vivante et décomposée”. À force d’intensité, l’ensemble finit par frôler le réflexe esthétique de la misère et du trauma. Le spectateur est secoué, oui. Il l’est aussi avec une efficacité presque trop contente d’elle-même.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un collier de chien de plateau aurait été retiré après avoir “revendiqué l’intégralité de l’angoisse urbaine comme propriété canine exclusive”.