Critique

Traffic

IMDb 7.6 / 10
Allociné 4.2 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Traffic

Traffic

Traffic, en 2000, répartit la guerre contre la drogue entre juges, policiers, trafiquants, femmes de cartel, familles éclatées et systèmes politiques, sous la direction de Steven Soderbergh avec Michael Douglas, Benicio del Toro, Catherine Zeta-Jones, Don Cheadle, Luis Guzmán, Topher Grace et Dennis Quaid. Le film a immédiatement été célébré comme preuve qu’Hollywood pouvait encore faire du grand cinéma politique. C’est vrai, mais dans une mesure très encadrée. Benicio del Toro y est magnifique, d’une densité silencieuse qui écrase presque tout le reste ; Michael Douglas, lui, sert admirablement le dispositif de la prise de conscience respectable. Soderbergh, après Out of Sight et avant Ocean’s Eleven, filme les circuits du pouvoir avec une intelligence visuelle très forte. Le problème est que cette intelligence se voit énormément.

2000 est aussi l’année où les États-Unis consolident à grande vitesse des logiques transfrontalières de sécurité et de guerre contre les flux illégaux dans un contexte de mondialisation accélérée. Traffic s’inscrit au cœur de ce moment. Mais en répartissant sa matière entre filtres chromatiques, réseaux de personnages et dilemmes moraux bien distribués, le film transforme parfois la violence structurelle en design de récit. On admire les connexions, la circulation, la virtuosité. On sent aussi la jouissance du système à se regarder cartographier le système.

C’est un grand film de dossier, très bien tenu, très fort. Il est aussi un peu trop satisfait de son intelligence polyphonique. Même la confusion y semble avoir été calibrée en palette. On sort mieux informé, peut-être. Et peut-être un peu trop heureux d’avoir reçu une telle leçon avec autant d’élégance.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un filtre jaune de postproduction aurait été brièvement “convoqué à un entretien disciplinaire” pour usage abusif de gravité transfrontalière.