Critique

La Grande évasion

Titre original : The Great Escape

IMDb 8.3 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 94%
Critique
Affiche de La Grande évasion

La Grande évasion

La Grande Évasion, en 1963, fait d’un camp allemand et d’une entreprise collective d’évasion un grand roman d’aventure virile mené par Steve McQueen, James Garner, Richard Attenborough, Charles Bronson, Donald Pleasence et James Coburn sous la direction de John Sturges. Le film est devenu un classique de la bravoure élégante, ce qui revient souvent à lui pardonner ses facilités. McQueen y est bien sûr l’étoile solaire de l’insolence ; Garner apporte davantage d’aisance ; Bronson et Pleasence introduisent la fragilité que le film préfère pourtant vite convertir en héroïsme réglé. Sturges, après Les Sept Mercenaires, sait très bien filmer les groupes, les gestes, les objets, la mécanique collective. Il sait aussi rendre la captivité remarquablement regardable.

1963 est aussi l’année où Kennedy prononce à Berlin son fameux “Ich bin ein Berliner”, en pleine guerre froide, quand la division de l’Europe devient un décor mondial de liberté contrariée. La Grande Évasion, sans parler de ce monde-là directement, lui offre un contrepoint idéal : l’enfermement comme terrain de panache occidental. Le film retrouve un vieux plaisir narratif au moment où les frontières géopolitiques modernes se durcissent. C’est très efficace. C’est aussi très rassurant dans sa manière d’ordonner le courage.

Le problème est que tout y est admirablement trop admirable. Même l’échec y est grandiose, même la captivité y devient un concours de compétences. Le film préfère l’esprit de corps à la vermine, le suspense à l’usure, l’intelligence collective à la décomposition lente. C’est un triomphe de récit. C’est aussi une remarquable lessive du désespoir.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une moto de cascade aurait demandé “l’immunité historique complète pour ses propres initiatives héroïques” avant d’accepter de franchir la clôture.