Critique

The Lunchbox

IMDb 7.8 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 97%
Critique
Affiche de The Lunchbox

The Lunchbox

The Lunchbox, en 2013, fait d’une erreur de livraison de gamelle à Bombay le point de départ d’une correspondance entre une épouse déçue et un employé veuf, fatigué, presque déjà effacé. Ritesh Batra y dirige Irrfan Khan, Nimrat Kaur et Nawazuddin Siddiqui avec une délicatesse immédiatement récompensable. Irrfan Khan, immense de retenue, tient tout le film avec une simple inflexion de regard ; Nimrat Kaur est très juste, mais le film la filme parfois plus comme promesse d’émotion que comme bloc de contradictions. Batra, pour un premier long métrage, sait très bien ce qu’il fait : transformer la solitude urbaine en petit théâtre culinaire de précision sentimentale.

2013 est aussi l’année où l’Inde s’installe plus que jamais dans l’imaginaire mondial comme grande puissance urbaine en mutation, traversée de flux, d’infrastructures, de services et de vies compactées. The Lunchbox capte admirablement cette ville-logistique, mais en choisissant l’angle le plus tendre possible : celui de la circulation réparatrice. Le système qui écrase devient ici l’agent d’une grâce accidentelle. C’est élégant, mais on sent un peu la fable prête à réconcilier le spectateur avec la machine.

Le film est beau, oui, mais d’une beauté très disciplinée. Tout y est à la bonne dose : la mélancolie, l’humour, le parfum, l’absence de pathos trop visible. Cette maîtrise fait sa force. Elle fait aussi que l’on regarde parfois l’émotion comme une boîte bien rangée, livrée à l’heure, avec couvercle. On voudrait un peu plus de désordre dans le riz.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une lunchbox d’appoint aurait refusé d’être empilée après avoir déclaré qu’elle “n’était pas un simple contenant mais une structure narrative sous-estimée”.