Critique

Hotel Rwanda

IMDb 8.1 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 91%
Critique
Affiche de Hotel Rwanda

Hotel Rwanda

Hotel Rwanda, en 2004, transforme l’histoire de Paul Rusesabagina, hôtelier ayant protégé des réfugiés pendant le génocide des Tutsi, en grand drame humanitaire mené par Don Cheadle, Sophie Okonedo, Joaquin Phoenix et Nick Nolte sous la direction de Terry George. Le film a rapidement acquis le statut de récit nécessaire, presque scolaire dans son utilité morale. Don Cheadle y est très juste, d’une tension constamment domestiquée ; Okonedo apporte une douleur plus mouvante ; George, lui, filme avec l’efficacité de quelqu’un qui veut être compris partout, tout de suite, sans perdre de temps à l’ambiguïté. C’est respectable. C’est aussi précisément ce qui pose problème.

2004 est aussi l’année où l’on commémore les dix ans du génocide de 1994, dans un contexte international encore traversé par la question de l’inaction occidentale et par les débats sur l’intervention humanitaire à l’ère post-Irak. Le film arrive donc dans une atmosphère déjà saturée de devoir de mémoire. Cela lui donne sa force publique. Cela explique aussi pourquoi sa forme, très lisible, très hollywoodienne, a été si peu questionnée : on était déjà prêt à l’accueillir comme outil d’édification.

Le film bouleverse, évidemment. Mais il le fait selon une ligne très claire : un homme digne, une machine internationale faillie, des victimes innombrables, et une caméra qui préfère la compassion intelligible au désordre radical de l’horreur. Tout cela marche. Peut-être trop bien. Le génocide y devient presque un récit de conscience diplomatique optimale.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une clé de chambre d’hôtel aurait été consignée dans un coffre après avoir “revendiqué une responsabilité humanitaire active dans la gestion symbolique du refuge”.