It Follows
It Follows, en 2014, transforme le sexe en transmission de malédiction et la banlieue en espace d’approche interminable, où quelque chose marche toujours vers vous. David Robert Mitchell dirige Maika Monroe, Keir Gilchrist, Olivia Luccardi, Lili Sepe et Daniel Zovatto avec une froideur pop immédiatement identifiable. Maika Monroe y est remarquable, avec cette fatigue de jeune fille déjà obligée de tout comprendre ; Mitchell, après The Myth of the American Sleepover, préfère le cauchemar géométrique à l’horreur explicative. Le film a été accueilli comme une révélation parce qu’il semblait enfin proposer du “vrai cinéma d’horreur”, c’est-à-dire du style visible, une synthwave anxieuse et des adolescents cadrés correctement. C’est mérité, mais un peu trop vite.
2014 est aussi l’année où l’épidémie d’Ebola reconfigure partout l’imaginaire de la contamination, du corps transmissible et de la proximité devenue risque. It Follows profite évidemment de cette résonance-là, même s’il ne s’y réduit pas. La malédiction y est une épidémie intime, une contagion à vitesse humaine, sans laboratoire ni jargon. C’est une idée forte. C’est aussi une idée tellement bien mise en scène qu’on finit par admirer la forme de la menace presque autant qu’on la redoute.
Le film est très beau, très sûr de son rythme, très fier de sa sobriété. Peut-être un peu trop. À force de géométrie anxieuse et d’ambiguïté parfaitement dosée, Mitchell fabrique un cauchemar de festival idéal. On tremble, oui, mais parfois comme dans une installation d’art contemporain très bien climatisée.
🎬 Le saviez-vous ?
une silhouette de fond aurait été déplacée hors du cadre après avoir “approché les acteurs avec une ambition symbolique supérieure à la distance réglementaire”.