Critique
Titre original : Star Wars: Episode IV - A New Hope
Star Wars : Episode IV - Un nouvel espoir (La Guerre des étoiles)
Un nouvel espoir, en 1977, fait le travail inaugural : Luke quitte sa planète poussiéreuse, Obi-Wan ressort ses mystères, Han Solo fait l’intéressant, Leia sauve le film plus souvent qu’on ne le dit, et George Lucas assemble le tout comme un enfant très riche ayant trouvé un coffre de jouets mythologiques. C’est irrésistible, paraît-il. C’est surtout la naissance d’une grammaire tellement efficace qu’on a fini par confondre sa limpidité avec une profondeur. Mark Hamill y joue l’éveil héroïque avec un sérieux de bon élève ; Harrison Ford, qui donnera plus tard à son cynisme une ampleur autrement plus libre, semble déjà avoir compris qu’il n’aurait qu’à hausser un sourcil pendant quarante ans ; Carrie Fisher apporte une insolence bien plus moderne que le récit qui l’entoure. Lucas, plus inventeur que metteur en scène, réussit un montage d’archétypes si fluide qu’on oublie à quel point ses acteurs sont souvent dirigés comme des figurines précieuses.
Le lien historique peut se prendre par l’espace. En 1977, Voyager 1 est lancé. La vraie aventure cosmique part alors sonder l’inconnu avec des instruments, des calculs et une patience monacale. Lucas répond à sa manière : il lance lui aussi une machine vers les étoiles, mais y place des princesses, des sabres, des fermiers orphelins et une station de combat grosse comme un fantasme industriel. L’un explore réellement l’univers, l’autre fabrique le jouet définitif pour le rêver. On voit bien lequel a le plus marqué l’imaginaire ; ce n’est pas nécessairement le plus courageux.
Le film reste un accomplissement de clarté narrative. Voilà bien son défaut. Tout y circule avec tant d’évidence qu’aucun grain de sable n’a le temps de devenir mystère. C’est le cinéma comme ligne droite mythologique : admirable, disponible, presque trop prêt à plaire.
🎬 Le saviez-vous ?
un stormtrooper figurant aurait passé trois jours à ouvrir les mauvaises portes, persuadé que l’Empire fonctionnait selon une logique surréaliste très exigeante.