Critique

Dallas Buyers Club

IMDb 8.0 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Dallas Buyers Club

Dallas Buyers Club

Dallas Buyers Club, en 2013, fait du corps amaigri, du système pharmaceutique et de l’urgence du sida un terrain de reconversion pour un cowboy homophobe devenu trafiquant de survie. Jean-Marc Vallée y dirige Matthew McConaughey, Jared Leto, Jennifer Garner, Denis O’Hare, Steve Zahn et Dallas Roberts avec cette énergie semi-documentaire qui donne l’illusion du réel à force de caméra mobile et de peau visible. McConaughey y est très bon, sans doute trop évidemment très bon ; son corps amaigri a d’ailleurs fini par devenir presque un argument en soi. Jared Leto, dans un registre plus fragile, plus performatif, attire lui aussi fortement le regard. Vallée, après C.R.A.Z.Y., filme l’ensemble avec une urgence qui plaît naturellement à tous ceux qui confondent la maigreur physique et la vérité morale.

2013 est aussi l’année où l’Obamacare, la couverture médicale, l’accès aux soins et les systèmes de santé occupent un espace public américain colossal. Dallas Buyers Club entre en résonance directe avec ce contexte : il raconte un combat individuel contre l’inertie réglementaire à un moment où la question de qui mérite quels traitements est brûlante. Cela rend le film plus vif. Cela le rend aussi plus immédiatement consensuel dans son indignation.

Le résultat reste fort, drôle parfois, habité. Mais il transforme aussi une histoire de détresse collective en grand arc de rédemption individuelle impeccablement balisé. On sent le système dénoncé ; on sent surtout la machine à prix tourner autour des performances amaigries. Le film souffre, certes. Il souffre aussi admirablement bien.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un chapeau de cowboy aurait été placé sous scellés après avoir “revendiqué l’exclusivité de toute l’iconographie de résistance thérapeutique”.