Critique

Skyfall

IMDb 7.8 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Skyfall

Skyfall

Skyfall, en 2012, reprend Bond au moment où l’âge, la fatigue et la bureaucratie pèsent enfin sur le mythe, pendant que Javier Bardem envahit les couloirs d’un service secret transformé en théâtre de famille dysfonctionnelle. Sam Mendes y dirige Daniel Craig, Judi Dench, Ralph Fiennes, Ben Whishaw, Naomie Harris et Bardem avec une élégance si lourde de sens qu’elle a suffi à convertir l’espionnage en patrimoine. Craig y est très solide, bien sûr, mais c’est Bardem et surtout Dench qui électrisent la machine. Mendes, après American Beauty et Revolutionary Road, filme Bond comme un objet de transmission culturelle. C’est malin. C’est aussi une manière très chic de transformer une franchise de gadgets en mausolée sophistiqué.

2012 est aussi l’année des Jeux olympiques de Londres, moment où le Royaume-Uni met en scène au monde sa capacité à transformer l’histoire, la monarchie, la pop et l’ironie en récit national rutilant. Skyfall respire exactement cette logique. Même quand il parle de déclin, il le fait comme une cérémonie d’ouverture du prestige britannique. Le film gagne énormément à ce contexte. Il en tire aussi une assurance presque insolente : l’identité nationale y devient un décor merveilleusement rentable.

On admire Roger Deakins, les feuillages, les silhouettes, la lande, la porcelaine fendue de l’Empire. On peut aussi se dire que tout cela ressemble un peu trop à une campagne de relégitimation esthétique pour 007. Même la douleur y a l’air d’avoir été éclairée pour concours. C’est somptueux. C’est aussi très conscient de l’être.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un fusil de chasse écossais de décor aurait exigé “une garantie de noblesse crépusculaire suffisante” avant d’entrer dans le troisième acte.