Critique

Collateral

IMDb 7.6 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 86%
Critique
Affiche de Collateral

Collateral

Collateral, en 2004, enferme un chauffeur de taxi dans une nuit de Los Angeles avec un tueur à gages philosophe et impeccablement repassé, joué par Tom Cruise. Michael Mann y dirige aussi Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith, Mark Ruffalo, Peter Berg, Bruce McGill et Javier Bardem avec cette précision urbaine qui fait chez lui office de battement cardiaque. Cruise y est fascinant, presque trop : le film tombe un peu amoureux de son propre monstre gris. Foxx, plus vivant, plus fêlé, résiste très bien. Mann, après The Insider et avant Miami Vice, traite la ville nocturne comme un réseau nerveux si beau qu’on pardonne presque au meurtre sa photogénie.

2004 est aussi l’année où Google entre en bourse, ce qui symbolise l’accélération d’un monde de cartographie, de traçabilité, de données, de circulation invisible. Collateral ressemble à cette époque : tout y est route, connexion, cible, optimisation. Même le crime y devient workflow métropolitain. C’est l’une des grandes forces du film. C’est aussi ce qui le rend légèrement trop fasciné par l’efficacité froide de son époque.

Le problème est peut-être là : Mann transforme la nuit urbaine en cathédrale de compétence. Même les ratés, les peurs et les morts semblent absorbés par la beauté des axes, du verre et du métal. C’est magnifique. Et un peu gênant, comme si le film n’était jamais tout à fait décidé à choisir entre critique du tueur et admiration pour la qualité de son costume.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un taximètre de rechange aurait été débranché après avoir “tenté de facturer séparément la tension existentielle entre les sièges avant et arrière”.