Critique

Toy Story 3

IMDb 8.3 / 10
Allociné 4.7 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de Toy Story 3

Toy Story 3

Toy Story 3 arrive en 2010 avec Lee Unkrich à la mise en scène et la lourde mission de faire pleurer des adultes à propos d’objets manufacturés. Pari tenu, ce qui n’interdit pas de se montrer de mauvaise foi avec méthode. Tom Hanks prête toujours à Woody sa chaleur impeccable, Tim Allen répète sa fanfaronnade avec professionnalisme, Joan Cusack et Ned Beatty élargissent la galerie, et tout le monde se comporte comme s’il s’agissait d’un sommet émotionnel de la civilisation. Le problème est que Pixar sait trop bien ce qu’il fait. Chaque gag, chaque montée, chaque abandon, chaque regard vers le carton final a l’air d’avoir été calibré dans un laboratoire à larmes. Unkrich, qui manipule admirablement les rythmes, semble moins filmer une fin que déployer un protocole de séparation certifié.

L’époque offre un contrepoint plus concret. En 2010, la marée noire de Deepwater Horizon étale dans le golfe du Mexique une catastrophe dont la matière est grasse, toxique, irrattrapable. À côté, Toy Story 3 propose une autre peur de l’abandon et du rebut, mais sous emballage propre, recyclable, affectif. Le monde réel voyait ce que produit une industrie quand elle dérape ; Pixar demandait ce que ressent un jouet quand un enfant grandit. Le rapprochement est abusif, donc révélateur : le film a le talent de rendre cosmiques des problèmes d’étagère.

C’est formidablement mené, justement trop. L’émotion y obéit avec une ponctualité suspecte. On admire la science du détail, moins la liberté. Ce n’est pas un adieu improvisé ; c’est une cérémonie. Très belle, très bien huilée, et vaguement tyrannique dans sa volonté de vous faire remercier.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un ours en peluche de secours aurait intenté un procès symbolique au département scénaristique pour cruauté olfactive aggravée.