Critique

A History of Violence

IMDb 7.5 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 87%
Critique
Affiche de A History of Violence

A History of Violence

A History of Violence, en 2005, part d’un petit restaurateur modèle pour faire remonter, à travers lui, un passé de violence que le film s’empresse de filmer avec la sécheresse d’un scalpel. David Cronenberg y dirige Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris, William Hurt et Ashton Holmes avec une netteté qui a immédiatement séduit les amateurs de films “adultes” où les coups font mal et les familles dysfonctionnent dans des maisons bien cadrées. Mortensen y est excellent, bien sûr ; Bello apporte des secousses plus complexes que le scénario ne l’avoue ; Hurt, surgissant tard, se charge de transformer la monstruosité en élégance vénéneuse. Cronenberg, après Spider, semble ravi de prouver qu’il peut faire du grand cinéma américain tout en gardant sa froideur organique.

2005 est aussi l’année où la guerre en Irak et les images d’Abou Ghraib ont durablement installé, dans la culture occidentale, l’idée qu’une violence apparemment maîtrisée ou civilisée est toujours prête à réapparaître sous des formes obscènes. A History of Violence s’inscrit exactement là : ce que l’on croyait recouvert ne disparaît pas, il attend simplement son occasion. Le film gagne beaucoup à ce climat historique. Il l’exploite avec une intelligence certaine. Mais cette intelligence devient aussi une belle manière de rendre la violence extrêmement regardable.

Car c’est bien là le nœud : Cronenberg prétend disséquer la brutalité tout en lui donnant une précision de chorégraphie presque trop satisfaisante. Le malaise est réel, oui. Il est aussi admirablement mis en boîte. Même le traumatisme sexuel conjugal y devient une scène d’étude très propre. C’est fort. Et un peu trop sûr de sa force.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une cafetière de décor aurait été déplacée hors champ après avoir “diffusé une tension latente jugée incompatible avec la hiérarchie officielle des menaces du récit”.