Critique

Crazy kung-fu

Titre original : Kung Fu Hustle

IMDb 7.8 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Crazy kung-fu

Crazy kung-fu

Crazy Kung-Fu, en 2004, transforme une ruelle pauvre, des maîtres dissimulés, des haches dansantes et une esthétique de cartoon brutal en déclaration d’amour hystérique à tout le cinéma populaire asiatique possible. Stephen Chow y dirige aussi Yuen Qiu, Yuen Wah, Bruce Leung, Lam Chi-chung et Dong Zhihua avec une énergie qui tient moins du mélange que de l’explosion contrôlée. Chow, en acteur-réalisateur, semble croire que le slapstick, le kung-fu, le mélodrame et la pyrotechnie numérique peuvent encore partager la même soupe. Il a raison. Il a peut-être un peu trop raison, tant le film jubile de sa propre virtuosité de manège.

2004 est aussi l’année où la Chine confirme à grande vitesse sa place dans l’économie mondiale et où son cinéma, ses talents, ses techniques, ses stars et ses imaginaires circulent plus intensément à l’international. Crazy Kung-Fu arrive dans cette conjoncture et ressemble presque à une vitrine de confiance démente : regardez, tout est possible, même l’opéra de baston absurde avec immeuble social en guise de sanctuaire. Le film profite de cette énergie historique. Il finit parfois par confondre la liberté avec le droit à la surcharge permanente.

C’est drôle, inventif, techniquement stupéfiant par moments. C’est aussi un film qui n’a jamais rencontré une idée qu’il n’ait voulu amplifier jusqu’à l’hallucination. On peut adorer ce régime d’excès. On peut aussi sortir avec la sensation qu’un feu d’artifice vous a expliqué très longtemps qu’il était un feu d’artifice. Le plaisir demeure ; la saturation aussi.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une hache de chorégraphie aurait été mise à part après avoir “réclamé un poste de chef d’orchestre sur les scènes de massacre musical”.