Critique

Paddington

IMDb 7.2 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de Paddington

Paddington

Paddington, en 2014, prend un petit ours migrant amoureux de marmelade et le dépose dans un Londres bourgeois où l’absurde administratif, l’accueil conditionnel et les meubles bien rangés vont devoir composer avec le poil humide. Paul King y dirige Ben Whishaw en voix, Hugh Bonneville, Sally Hawkins, Nicole Kidman, Jim Broadbent, Peter Capaldi et Julie Walters avec une allégresse que beaucoup ont saluée comme un miracle de gentillesse moderne. Ben Whishaw est parfait, évidemment, et c’est là une partie du problème : le film sait trop bien comment rendre l’innocence irrésistible. Sally Hawkins apporte la chaleur la plus juste ; Nicole Kidman, elle, comprend qu’il faut jouer la méchante comme une prédatrice de taxidermie en pleine montée de gamme. King, en bon architecte du chaos doux, transforme le livre pour enfants en machine de charme total.

2014 est aussi l’année où les débats européens sur l’immigration, l’accueil et la peur de l’étranger deviennent de plus en plus visibles et de plus en plus durs. Paddington arrive au milieu de cela avec un ours brun et poli comme réponse presque obscène de simplicité. Le geste a de la beauté, bien sûr. Il a aussi quelque chose de politiquement très confortable : l’étranger idéal sent la marmelade, s’excuse bien et améliore la décoration intérieure. Le monde réel mérite un peu plus d’aspérités.

Le film est délicieux, très bien écrit, drôle, inventif. Il est aussi tellement décidé à être bon qu’il en devient légèrement intimidant. Même le désordre y fait le lit d’une morale impeccable. On fond. On voit aussi l’engrenage du consensus affectif tourner avec une précision de maison londonienne bien cirée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pot de marmelade de décor aurait été mis sous alarme après avoir “revendiqué l’exclusivité de l’intégration culturelle réussie au sein de la cellule dramatique”.