Critique

Les Autres

Titre original : The Others

IMDb 7.6 / 10
Allociné 4.5 / 5
Rotten T. 83%
Critique
Affiche de Les Autres

Les Autres

Les Autres, en 2001, enferme Nicole Kidman dans un manoir humide, des rideaux opaques, des enfants photosensibles et une foi qui commence à sentir la cave. Alejandro Amenábar y dirige aussi Fionnula Flanagan, Alakina Mann, James Bentley, Eric Sykes et Christopher Eccleston avec une retenue de prestidigitateur. Kidman y est excellente, exactement à la frontière entre la rigidité sociale et la panique métaphysique ; Amenábar, après Ouvre les yeux, comprend très bien que le vrai luxe du film de fantômes consiste parfois à ralentir plutôt qu’à multiplier les manifestations. C’est admirablement fait. C’est peut-être aussi un peu trop fier de sa délicatesse.

2001 est évidemment l’année du 11 septembre, de l’effondrement, du deuil médiatisé et d’un retour massif du spectre dans l’imaginaire occidental. Les Autres n’en parle pas, bien sûr, mais il arrive dans un monde déjà hanté par l’absence et la maison devenue lieu d’angoisse. Sa stratégie de l’invisible, du hors-champ et du confinement gagne alors une résonance énorme. Le film y gagne sa puissance. Il y gagne aussi une aura de sérieux quasi sacrée.

Le résultat est superbe, précis, glacé. On sent néanmoins à quel point Amenábar aime la qualité de son propre silence. Chaque porte, chaque souffle, chaque voile semble avoir été repassé avant l’apparition. Le film fait peur avec distinction. C’est une qualité. C’est aussi une manière assez luxueuse d’administrer le frisson.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un rideau occultant de doublure aurait été mis sous scellés après avoir “revendiqué l’entière propriété morale de la noirceur domestique du récit”.