Critique

Vera Drake

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Vera Drake

Vera Drake

Vera Drake, en 2004, suit une femme modeste qui aide clandestinement d’autres femmes à avorter dans l’Angleterre des années 1950, jusqu’au moment où la morale sociale, juridique et familiale se referme sur elle avec méthode. Mike Leigh y dirige Imelda Staunton, Phil Davis, Daniel Mays, Eddie Marsan, Sally Hawkins et Alexis Zegerman avec une attention au quotidien qui a naturellement été lue comme pure probité morale. Staunton y est merveilleuse, à un niveau qui rend presque indécente toute réserve ; Leigh, lui, filme avec cette précision sociale granuleuse qui donne à ses œuvres l’apparence d’une évidence. C’est justement ce qui demande un peu de vigilance : le film sait trop bien être du bon côté de la conscience.

2004 est aussi l’année où les débats sur les droits reproductifs, l’accès à l’avortement et les fractures sociales autour du corps des femmes restent vifs dans tout l’Occident. Vera Drake arrive dans ce contexte sans avoir besoin de forcer sa résonance. Il raconte le passé, très bien, mais le raconte dans une langue de classe, de cuisine, d’intérieur et de honte tellement juste qu’elle semble parfois à l’abri de toute discussion formelle. Le réel valide déjà tout.

Le film bouleverse, c’est incontestable. Il est aussi si précisément construit autour de la bonté active de Vera et de la violence du système qu’il laisse peu de place à un trouble moins immédiatement utilisable. On admire la justesse, les mains, les théières, les robes, les visages. On sent aussi le film devenir presque un document de conscience exemplaire. Très fort. Très cadré.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une bouilloire de cuisine aurait été remplacée après avoir “revendiqué une responsabilité centrale dans la tension sociale du logement ouvrier”.