Critique

Zodiac

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 89%
Critique
Affiche de Zodiac

Zodiac

Zodiac, en 2007, transforme l’affaire du tueur du Zodiaque en immense bureau de paperasse, de piste froide, de typographies, de frustrations et d’hommes qui se détruisent par obsession. David Fincher y dirige Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Robert Downey Jr., Anthony Edwards, Brian Cox, John Carroll Lynch et Chloë Sevigny avec cette précision administrative qui a fini par devenir sa grande signature. Gyllenhaal y est excellent de nervosité cultivée ; Ruffalo apporte une fatigue plus solide ; Downey Jr., encore pré-Iron Man, offre une volatilité superbe. Fincher, après Panic Room, filme le temps perdu comme un chef de projet du néant. Et c’est justement ce qui impressionne autant que cela peut éloigner : tout est si parfaitement organisé autour de l’impossibilité de conclure que l’inachèvement lui-même devient forme de maîtrise absolue.

2007 est aussi l’année où l’on parle partout de bases de données, de traces, d’archives, de surveillance et de nouvelles capacités d’accumulation d’informations. Zodiac paraît presque en décalage avec son obsession de papier, de chemises cartonnées, de dessins et de salles de rédaction. Ce décalage lui donne sa mélancolie : on regarde un monde qui croyait encore que l’information, triée avec assez de patience, finirait par céder. Très bien. Mais Fincher sublime tellement cette bureaucratie du manque qu’il en fait une cathédrale.

Le film est admirable, lent, dense, extraordinairement tenu. Il est aussi si amoureux du détail de procédure et de la texture de l’enquête qu’il transforme parfois la frustration pure en plaisir de spectateur très haut de gamme. Même l’échec y devient un luxe formel. On reste hanté. On sent aussi le plaisir très finchérien de ne jamais laisser un seul gramme de désordre sans l’archiver impeccablement.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un classeur gris de bureau aurait été scellé après avoir “tenté de reclasser hiérarchiquement les suspects selon des critères purement typographiques”.