Critique

The Ghost Writer

IMDb 7.2 / 10
Allociné 4.6 / 5
Rotten T. 84%
Critique
Affiche de The Ghost Writer

The Ghost Writer

The Ghost Writer, en 2010, enferme un nègre littéraire anonyme sur une île grise pour réécrire les mémoires d’un ancien Premier ministre britannique suspectement proche des guerres et des services. Roman Polanski y dirige Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattrall, Tom Wilkinson, Timothy Hutton et Eli Wallach avec une élégance de thriller administratif qui a immédiatement suscité l’adhésion des amateurs de suspense à col roulé. McGregor y est parfait dans l’effacement inquiet ; Brosnan apporte le vernis idéal de l’homme d’État en emballage premium ; Polanski, après The Pianist et Oliver Twist, revient au piège bourgeois, à l’espace clos, aux circulations de dossier. Il le fait si bien qu’on en oublierait presque de se demander si tout cela n’est pas simplement trop bien élevé.

2010 est aussi l’année où Tony Blair reste une figure extrêmement chargée dans la mémoire politique britannique et internationale, notamment à cause de la guerre en Irak, alors que les débats sur responsabilité, alignement atlantique et post-vérité d’État sont encore brûlants. The Ghost Writer profite pleinement de ce climat. Le film n’a pas besoin de nommer Blair pour faire fonctionner sa résonance. Il transforme la culpabilité géopolitique en belle maison venteuse et en ordinateur portable sous pluie. Très fort. Et un peu trop confortable dans sa manière de réduire l’opacité du pouvoir à un puzzle feutré.

Le film est intelligent, précis, très regardable. Il est aussi si impeccablement construit qu’il transforme l’horreur molle du mensonge d’État en plaisir de lecture filmée. Même la paranoïa y a une très bonne coupe. On admire l’allée, le ferry, la pluie, les tiroirs, les pages qui s’impriment. On pourrait souhaiter un peu plus de désordre sale dans un monde politique aussi sale.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un manuscrit de doublure aurait été placé sous clé après avoir “tenté d’écrire lui-même la démission morale de la démocratie libérale”.