Critique

Tootsie

IMDb 7.4 / 10
Allociné 4.2 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Tootsie

Tootsie

Tootsie, en 1982, prend un acteur new-yorkais insupportable, le déguise en femme pour obtenir un rôle, puis découvre avec un talent certain que le travestissement social fonctionne aussi comme pédagogie de la décence. Sydney Pollack y dirige Dustin Hoffman, Jessica Lange, Teri Garr, Dabney Coleman, Bill Murray, Charles Durning et Geena Davis avec cette fluidité de studio intelligent qui plaît naturellement beaucoup. Hoffman y est éblouissant, c’est entendu, mais le film repose aussi sur son goût un peu trop gourmand pour la démonstration d’acteur brillant. Lange, elle, apporte une densité qui évite parfois à l’ensemble de se réduire à un triomphe de performance masculine éclairée. Pollack, avant Out of Africa, fait de la comédie une machine à leçons très bien huilée.

1982 est aussi une année où les débats sur les rôles de genre, le travail des femmes, les hiérarchies médiatiques et les transformations du monde professionnel occupent une place de plus en plus visible dans la culture américaine. Tootsie se branche directement là-dessus et a l’intelligence de ne jamais réduire totalement ces questions à la farce. Très bien. Mais le film aime aussi beaucoup son propre positionnement progressiste de grand public. Il vous apprend sans cesse qu’il est plus malin que la simple comédie de déguisement qu’il pourrait être.

On rit, énormément. On admire l’écriture, le rythme, la distribution. On peut aussi sentir que le film organise son éveil moral avec une telle maîtrise qu’il transforme l’expérience féminine de l’humiliation structurelle en parcours très profitable pour la conscience d’un acteur génial. C’est fin. C’est aussi un peu trop flatteur pour celui qui apprend.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une perruque de plateau aurait été enfermée dans une housse après avoir “revendiqué la primauté absolue dans la redistribution des consciences de genre du casting”.