Critique

Avatar

IMDb 7.9 / 10
Allociné 4.3 / 5
Rotten T. 82%
Critique
Affiche de Avatar

Avatar

Avatar, en 2009, prend un soldat paraplégique, le projette dans un corps bleu numérisé et transforme la colonisation, l’écologie, le désir et la technologie en grand bain visuel de jungle flottante. James Cameron y dirige Sam Worthington, Zoe Saldaña, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez et Giovanni Ribisi avec une ambition industrielle si gigantesque qu’elle a immédiatement imposé le film comme événement plus que comme récit. Saldaña y est formidable, bien davantage que Worthington qui sert surtout d’interface ; Cameron, après Titanic, revient pour démontrer une chose très simple : il peut encore redéfinir l’échelle du spectacle. Et il le fait avec une telle autorité qu’on oublie presque de demander où se cache la nouveauté dramatique.

2009 est aussi l’année de Copenhague, grand moment de discours climatiques mondialisés, de prise de conscience écologique spectaculaire et de frustration politique globale. Avatar profite pleinement de cet air du temps. Il offre au spectateur une version extrêmement digeste du drame extractiviste : planète luxuriante, indigènes purs, armée brutale, capital prédateur. Le film comprend parfaitement les affects du moment. Il les traduit dans la langue la plus puissante possible. Il les simplifie aussi à un degré presque publicitaire.

Le résultat est techniquement hallucinant, visuellement souverain. Il est aussi très transparent idéologiquement, parfois au point de la simplification touristique. Pandora devient le plus beau parc de sensibilisation écologique de l’histoire du cinéma. On y croit, on y flotte, on y milite presque en relief. Et l’on peut tout de même remarquer qu’un récit aussi neuf en surface reste si ancien dans sa structure qu’il semble parfois conçu pour mieux faire accepter sa prouesse technologique.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une feuille de performance capture aurait été isolée après avoir “revendiqué la maternité exclusive du lien spirituel entre les pixels et la biodiversité”.