Critique

Big Movie

Titre original : Epic Movie

IMDb 2.3 / 10
Allociné 1.0 / 5
Rotten T. 2%
Critique
Affiche de Big Movie

Big Movie

Epic Movie, en 2007, procède par collision : Narnia, X-Men, Charlie and the Chocolate Factory, Pirates of the Caribbean et tout ce qui passait alors dans la culture populaire se retrouvent broyés en une seule bouillie parodique sous la direction de Jason Friedberg et Aaron Seltzer. Kal Penn, Adam Campbell, Jayma Mays, Crispin Glover et Jennifer Coolidge n’y cherchent jamais l’élégance ; ils ont bien raison. Le film est souvent traité comme une insulte à la comédie. C’est excessif. Il a au moins une vertu rare : il ne cache jamais sa bêtise derrière de l’esprit de surplomb. Là où tant de satires veulent prouver qu’elles sont plus intelligentes que leurs modèles, Epic Movie les cogne avec une poêle et assume la méthode.

Kal Penn, souvent plus contraint dans des rôles appelés à rester “sympathiques”, trouve ici une disponibilité absurde assez réjouissante. Jennifer Coolidge, comme toujours, pratique un art du mauvais goût tellement maîtrisé qu’il finit par ressembler à une spécialité nationale. Friedberg et Seltzer, eux, ne construisent pas : ils accumulent. Et cette accumulation, paradoxalement, restitue assez bien le régime culturel des années 2000, fait de zapping, de surcharge et de déglutition rapide d’images.

Le lien historique tient ici à un voisinage de forme. 2007 voit arriver le premier iPhone, triomphe de la surface lisse, du geste tactile, de l’interface fluide et du futur compressé dans un rectangle parfait. Epic Movie propose l’inverse exact : du gras, du bruit, des références mal rangées, des coutures visibles. C’est moins noble, sans doute. Mais c’est aussi une archive très honnête d’un moment où la culture avalait tout sans mâcher.

Le film est mauvais ? Peut-être au sens classique. Mais il n’est ni hypocrite ni mort. Et dans une comédie, cette vitalité outrancière vaut parfois mieux que l’intelligence décorative.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un centaure intérimaire aurait refusé d’entrer en scène tant qu’on ne lui garantissait pas que ses sabots ne seraient pas mixés en postproduction avec un simple bruitage de tongs.