Dragonball Evolution
Dragonball Evolution, en 2009, adapte à sa façon l’univers d’Akira Toriyama avec James Wong à la réalisation et Justin Chatwin, Emmy Rossum, James Marsters, Joon Park et Chow Yun-fat dans une entreprise jugée hérétique par une large partie de l’humanité connectée. Le procès a été si violent qu’il finit par susciter un peu de compassion. Le film ne comprend pas toujours ce qu’il adapte, c’est vrai. Mais cette incompréhension même lui donne une étrangeté presque expérimentale. Justin Chatwin ne possède ni la grâce burlesque ni l’innocence cosmique d’un Goku rêvé par les fans ; en échange, il propose un héros décalé, légèrement à côté, ce qui est déjà plus intéressant que la simple imitation. Emmy Rossum traverse l’ensemble avec une application presque émouvante. Chow Yun-fat, immense dans des univers autrement plus inspirés, semble sourire intérieurement au désastre et cela suffit à lui donner une densité mystérieuse.
James Wong n’a pas livré un grand film, mais il assume le mélange maladroit de teen movie, de fantasy compressée et de série B lumineuse. Beaucoup de blockbusters ratent avec infiniment plus de cynisme. Celui-ci, au moins, trébuche franchement.
Le lien historique, cette fois, passe par l’idée même de promesse. 2009 est l’année de l’arrivée de Barack Obama à la présidence américaine, moment saturé d’espérances de renouveau. Dragonball Evolution, lui, semble promettre aussi un commencement neuf, avant de choisir résolument la bifurcation absurde. Le rapprochement est évidemment disproportionné, ce qui le rend d’autant plus drôle : là où l’histoire mondiale s’essayait au changement majestueux, le film démontrait qu’on peut aussi tout reconfigurer en se trompant de planète.
On peut donc se moquer de lui ; on peut aussi reconnaître sa qualité secrète : il n’est jamais inodore. Il se trompe avec conviction, ce qui est déjà une forme de vie.
🎬 Le saviez-vous ?
une perruque de super-saïyen aurait interrompu une répétition en se coinçant dans une machine à vent, puis aurait exigé un temps de recueillement pour “traumatisme capillaire de combat”.