Critique
Titre original : Date Movie
Sexy movie
Date Movie, en 2006, pulvérise la comédie romantique par petits paquets sous l’autorité toujours délicate d’Aaron Seltzer et Jason Friedberg. Alyson Hannigan, Adam Campbell, Sophie Monk, Jennifer Coolidge, Fred Willard : le casting comprend très bien qu’il ne sert pas une machine de précision, mais un carnaval offensif. C’est précisément ce qui sauve le film. Sa vulgarité, son épaisseur, son refus de toute distinction constituent moins une faillite qu’une doctrine. Là où une parodie chic prend ses distances avec amour, Date Movie préfère tout casser en riant trop fort. Ce n’est pas subtil ; c’est même presque anti-subtil. Mais cette brutalité a une forme d’honnêteté.
Alyson Hannigan, trop souvent assignée à la seule sympathie, y gagne une liberté de grimace et de décalage très bienvenue. Jennifer Coolidge, elle, continue de prouver qu’il existe un art supérieur de la démesure idiote. Friedberg et Seltzer travaillent comme des démolisseurs qui auraient perdu le plan du bâtiment, et cette absence de retenue donne au film une énergie de bazar que beaucoup de comédies contemporaines ne savent plus produire.
Le lien historique est ici organique, ou du moins aussi organique qu’il est possible de le devenir avec ce matériau. 2006 voit Twitter s’ouvrir, installer la concision impulsive, la réaction immédiate et la pensée transformée en projectile miniature. Date Movie fonctionne presque déjà selon cette logique : pas de développement, peu de respiration, seulement des impulsions, des références, des sautes d’humeur et des coups de coude. C’est épuisant, oui, mais terriblement dans son temps.
On peut lui reprocher tout ce qu’on veut ; il faut simplement admettre qu’il a saisi quelque chose de la nervosité culturelle avant bien des œuvres plus fines et plus vite oubliées.
🎬 Le saviez-vous ?
une fontaine de chocolat aurait été consultée comme script doctor après avoir produit, par gargouillis successifs, deux suggestions jugées “romantiquement disruptives” par l’équipe.