Critique

Spartatouille

Titre original : Disaster Movie

IMDb 1.9 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 1%
Critique
Affiche de Spartatouille

Spartatouille

Disaster Movie, en 2008, prend le goût contemporain pour la catastrophe et le transforme en buffet où l’on sert à la fois des parodies d’Indiana Jones, de Juno, de Hancock, de Sex and the City et d’à peu près tout ce qui passait alors devant une télévision américaine. Jason Friedberg et Aaron Seltzer dirigent Matt Lanter, Vanessa Minnillo, Kim Kardashian et compagnie dans un chaos qui a au moins le mérite de ne jamais prétendre être plus noble que lui-même. Sa mauvaise réputation vient aussi d’un malentendu : on lui reproche son hystérie alors qu’elle constitue précisément sa note juste. Le film n’a rien de subtil, mais il pratique une forme de panique culturelle assez fidèle à l’époque.

Matt Lanter n’est pas ici un grand acteur tragique, heureusement ; il avance avec une disponibilité presque sportive dans le capharnaüm. L’ensemble ressemble à une compilation de réflexes médiatiques montés à la hâte, et cette hâte a du sens. Les auteurs n’analysent pas la catastrophe ; ils la singent en reproduisant son débit, sa surcharge, sa bêtise même. C’est laid, parfois pénible, mais rarement neutre.

L’année 2008, évidemment, complique et enrichit le tableau : la faillite de Lehman Brothers et l’effondrement financier mondial installent partout un sentiment de système qui se dérègle à grande vitesse. Dans ce contexte, Disaster Movie ressemble presque à un documentaire émotionnel raté sur une civilisation qui sature. Le monde réel tombait en morceaux avec des chiffres ; le film choisissait de le faire avec des célébrités et des grimaces. Le procédé est bas, mais la température est juste.

On peut détester l’objet ; on devrait au moins lui reconnaître une vitalité de gravats. Il tombe mal, mais il tombe avec franchise.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une machine à fumée aurait avalé le clap puis refusé de le rendre tant qu’on ne lui promettait pas un monologue “plus dense psychologiquement sur la fragilité des ruines”.