Marmaduke
Marmaduke, réalisé par Tom Dey en 2010, met en scène un immense chien égocentrique déraciné qui doit retrouver une place dans un nouvel environnement social. Voilà un programme que la critique a traité avec une condescendance admirablement prévisible. Pourtant, le film a des qualités de netteté et de franchise que beaucoup de productions familiales plus “malignes” pourraient lui envier. Owen Wilson prête sa voix au héros avec une nonchalance parfaitement adaptée ; Emma Stone, George Lopez, Sam Elliott et les autres acceptent la nature de l’objet sans chercher à la corriger par de l’ironie adulte parasite. Tom Dey filme cela comme ce que c’est : une comédie canine sur les hiérarchies, les maladresses et le désir grotesque de reconnaissance.
Le film ne prétend pas changer l’histoire du cinéma, Dieu merci. Il propose des rivalités de parc, des humiliations publiques et des réconciliations velues. Cette simplicité n’est pas un défaut ; c’est même une forme de courage à l’ère où chaque divertissement familial doit se faire pardonner d’exister en ajoutant une couche d’autodérision.
Le lien historique, ici, prend une forme franchement poilue. 2010 reste marqué par le sauvetage spectaculaire des 33 mineurs chiliens, récit mondial de patience, d’enfermement et de solidarité improbable. Marmaduke, à sa manière infiniment moins héroïque, raconte aussi un être coincé dans un milieu hostile qui doit être extirpé de sa propre bêtise sociale. La comparaison est absurde, bien sûr ; elle n’en souligne que mieux l’étrange pouvoir qu’ont certaines histoires de survie à contaminer l’imaginaire.
Marmaduke n’est pas profond. Mais il n’est ni paresseux ni cynique. Dans son domaine très spécifique, il travaille proprement et sans honte. C’est déjà beaucoup.
🎬 Le saviez-vous ?
un dogue figurant aurait exigé une roulotte individuelle avec vue et refusé de reprendre le travail tant qu’on ne corrigeait pas la “sous-écriture chronique du personnage de molosse rival”.