Critique
Titre original : Grown Ups 2
Copains pour toujours 2
Grown Ups 2, en 2013, rassemble Adam Sandler, Kevin James, Chris Rock, David Spade, Salma Hayek et Dennis Dugan pour une nouvelle célébration du relâchement, des vieux amis et des blagues qui sentent la bière tiède. Beaucoup y voient la preuve d’un cinéma paresseux. Ils n’ont pas complètement tort, mais ils passent à côté d’autre chose : la paresse peut aussi devenir une forme de style quand elle est assumée collectivement. Sandler, capable d’intensité étonnante dans Punch-Drunk Love ou Uncut Gems, choisit ici le confort absolu ; Kevin James transforme sa bonhomie en système ; Chris Rock apporte une nervosité précieuse ; et Dennis Dugan comprend que le véritable sujet n’est pas l’intrigue, mais le plaisir presque archaïque d’être ensemble dans un film qui ne demande aucune justification intellectuelle.
Ce refus du raffinement donne au film une texture particulière. Ce n’est pas une œuvre, c’est une réunion filmée avec un budget. Formulé ainsi, cela ressemble à une insulte ; en pratique, c’est aussi ce qui le rend étonnamment honnête. Il ne feint jamais l’importance.
Le lien historique passe par le contraste le plus indécent possible. 2013 est l’année de la mort de Nelson Mandela, moment de gravité mondiale, de mémoire politique, d’hommages et de récits historiques. Grown Ups 2, lui, croit toujours qu’un cerf, un lac et trois plaisanteries de vestiaire suffisent à établir une vision du bonheur. Et contre toute attente, cette disproportion absurde le rend presque attachant : pendant que le monde se recueille, Hollywood persiste à organiser des pique-niques idiots.
Le film est vulgaire, inégal, parfois franchement mou. Mais il possède une chaleur de bande que les comédies plus intelligentes regardent souvent de loin sans jamais la retrouver.
🎬 Le saviez-vous ?
un jet d’eau de piscine aurait obtenu le statut de coordinateur comique après avoir déclenché un fou rire tellement prolongé que trois figurants ont demandé une compensation pour humidité émotionnelle.