Critique

E.T. l'extra-terrestre

Titre original : E.T. The Extra-Terrestrial

IMDb 7.9 / 10
Allociné 4.8 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de E.T. l'extra-terrestre

E.T. l'extra-terrestre

E.T., en 1982, prend un enfant solitaire, un extraterrestre botanique, une banlieue américaine et un vélo, puis demande au monde entier de s’agenouiller devant la pureté retrouvée. Steven Spielberg dirige Henry Thomas, Drew Barrymore, Dee Wallace et Peter Coyote avec une assurance sidérante : il sait exactement où appuyer, quand suspendre, quand faire monter la musique, quand laisser l’enfance devenir religion civile. Henry Thomas est très bon, Drew Barrymore délicieuse, Dee Wallace solidement émouvante ; le problème est ailleurs. Spielberg, immense fabricant d’émerveillement, tient ici un tel contrôle des flux affectifs qu’on a parfois l’impression de passer sous une douche émotionnelle à température imposée.

La même année, la guerre des Malouines rappelle que 1982 n’est pas seulement un millésime de vélos volants et d’amitiés cosmiques. Le monde réel s’abîme dans un conflit territorial aussi concret que meurtrier ; Spielberg choisit, lui, de répondre par un conte suburbain où la différence se soigne avec des bonbons, des lampes et un peu de télépathie. L’écart est tellement grand qu’il devient presque comique : pendant que les États se disputent des îles, le film nous propose de sauver l’univers en faisant traverser une rivière à une créature humide.

Cela ne retire rien à l’efficacité du film. Justement. Tout y fonctionne avec une telle pureté de mécanisme qu’on se sent parfois moins ému que conduit. Le miracle est prévu, l’enfance est calibrée, la séparation arrive à l’heure. Spielberg ne filme pas l’émotion : il l’orchestre avec une maîtrise quasi industrielle. On peut appeler cela du génie ; on peut aussi le trouver un peu autoritaire.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une bicyclette de secours aurait demandé à être suspendue par câble même pendant les pauses, afin de “rester dans la bonne altitude mentale”.