Critique

La Légende d'Hercule

Titre original : The Legend of Hercules

IMDb 4.2 / 10
Allociné 1.8 / 5
Rotten T. 4%
Critique
Affiche de La Légende d'Hercule

La Légende d'Hercule

La Légende d’Hercule, en 2014, confie à Renny Harlin et Kellan Lutz le soin d’emballer un mythe antique en péplum numérique nerveux, avec Gaia Weiss, Scott Adkins et Liam Garrigan pour épauler l’ensemble. La critique l’a traité comme une copie plastique de mythe. C’est aller un peu vite. Le film a certes des limites visibles, mais aussi une qualité devenue rare : il croit sincèrement à sa propre emphase. Kellan Lutz n’a pas la densité tragique d’un immense acteur shakespearien, mais il avance avec un sérieux naïf qui finit par devenir une force. Scott Adkins, qu’on a vu plus tranchant ailleurs, injecte dans chaque affrontement une précision physique salutaire. Harlin, vieux routier de l’action depuis Die Hard 2 et Cliffhanger, tourne ici non pas un monde crédible, mais une légende cheap qui refuse de s’excuser.

Cette absence de honte sauve beaucoup. Le film ne se grime pas en méditation sérieuse sur l’antique ; il préfère la pose, la prophétie, le corps et l’épée. C’est parfois maladroit, souvent excessif, mais rarement anonyme. Or l’anonymat est le plus grave péché du blockbuster.

Le lien historique passe par la question de l’échelle de la peur. 2014 est marquée par l’épidémie d’Ebola, qui rappelle brutalement au monde sa vulnérabilité biologique. En regard, La Légende d’Hercule propose un univers où les problèmes redeviennent simples, musculaires, presque rassurants : des tyrans, des batailles, un destin à remplir. Ce retour à la mythologie primaire a quelque chose de curieusement apaisant au milieu d’une actualité si concrète.

Le film n’est pas bon au sens scolaire. Il est mieux : il est franchement lui-même, jusque dans ses excès les plus criards.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un éclair numérique aurait demandé son propre crédit sous le nom de “phénomène atmosphérique principal” après avoir accidentellement illuminé la caravane de la comptabilité en plein sermon héroïque.