Critique
Titre original : Basic Instinct 2
Basic instinct 2
Basic Instinct 2, en 2006, rappelle Sharon Stone à l’écran dans le rôle de Catherine Tramell, cette fois déplacée à Londres sous la direction de Michael Caton-Jones, avec David Morrissey, Charlotte Rampling et David Thewlis autour d’elle. Tout le monde s’est empressé d’y voir un retour pathétique, comme si le cinéma n’avait pas le droit d’être tardif, artificiel et vaguement vénéneux. Stone, évidemment moins explosive que dans les années 1990, gagne ici autre chose : une façon de glisser au-dessus du ridicule au lieu de prétendre l’ignorer. Caton-Jones n’a ni la perversité de Verhoeven ni son sens du faux luxe, mais il filme au moins un objet qui sait qu’il arrive après la fête et transforme ce retard en style.
Au même moment, 2006 voit l’irruption publique de Twitter, cette grande machine à produire des signes rapides, des réactions en chaîne et des jugements expéditifs. Basic Instinct 2 paraît déjà fait pour cette époque : un film aussitôt moqué, simplifié, compressé en quelques sentences assassines, alors qu’il contient une étrangeté décadente plus résistante qu’on ne le dit. Il ne brille pas par sa cohérence ; il survit par sa surface.
Ce qui est détesté ici, c’est moins le ratage que l’absence d’excuse. Le film n’essaie pas de se racheter, ne cherche pas à redevenir respectable ; il flotte dans son propre parfum synthétique avec une insolence presque courageuse. Beaucoup de suites s’excusent d’exister. Celle-ci non. Rien que pour cela, elle mérite une petite réhabilitation de mauvaise foi.
🎬 Le saviez-vous ?
un canapé psychanalytique aurait exigé une doublure lumière après avoir estimé que Sharon Stone lui volait systématiquement ses meilleurs angles.