Critique

Identité Secrète

Titre original : Abduction

IMDb 5.0 / 10
Allociné 1.4 / 5
Rotten T. 5%
Critique
Affiche de Identité Secrète

Identité Secrète

Abduction, sorti en 2011, demande à John Singleton de transformer Taylor Lautner en héros traqué découvrant que ses parents ne sont pas ses parents. Sur le papier, on comprend l’envie de rire. Sur l’écran, on découvre pourtant quelque chose d’assez rare : un thriller adolescent qui ne se cache jamais derrière une sophistication de contrebande. Lautner, évidemment limité, fait ce qu’il peut avec une intensité rectiligne qui finit par devenir presque conceptuelle ; Lily Collins apporte davantage de souplesse ; Alfred Molina et Sigourney Weaver prêtent au projet une dignité professionnelle qui le tire vers le haut. Singleton, cinéaste capable d’une vraie énergie urbaine, filme ici l’identité secrète comme un sprint sentimental, et cette absence de prétention finit par jouer pour lui.

2011 est une année saturée d’images de soulèvements, d’incertitudes et de chutes de certitudes anciennes. Au milieu de cet horizon-là, Abduction a l’air de proposer sa petite crise d’identité privée, son renversement miniature, son personnage découvrant que sa biographie officielle tient sur du vent. Le parallèle est disproportionné, donc amusant : l’Histoire secoue des régimes ; le film secoue un lycéen musclé. Mais dans les deux cas, la question reste la même : qui raconte qui vous êtes ?

Le film est maladroit, sans doute. Pourtant il avance avec une franchise presque désarmante. Là où beaucoup de thrillers jeunes adultes se déguisent en produits sombres et adultes, celui-ci accepte sa ligne claire. Ce n’est pas fin ; c’est net. Et cette netteté a parfois plus de valeur que les faux labyrinthes.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une photo de bébé placée dans le décor aurait été promue “conseillère en continuité émotionnelle” après avoir fait pleurer par erreur deux machinistes.