Critique

Le Dernier maître de l'air

Titre original : The Last Airbender

IMDb 4.2 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 5%
Critique
Affiche de Le Dernier maître de l'air

Le Dernier maître de l'air

Le Dernier maître de l’air, en 2010, place Noah Ringer, Dev Patel, Nicola Peltz, Jackson Rathbone et Shaun Toub au cœur d’une adaptation que tout le monde adore détester. M. Night Shyamalan, si souvent loué quand il orchestre ses mystères avec gravité, devient ici le bouc émissaire idéal d’un projet trop grand, trop comprimé, trop exposé. Or il y a dans ce film une chose qu’on refuse souvent de voir : une croyance naïve dans les gestes, les éléments, la pose, le rituel. Dev Patel, plus souple dans d’autres registres, assume ici une intensité droite presque sacerdotale ; Noah Ringer, novice, donne au héros une raideur qui ressemble parfois à une vraie étrangeté ; Shyamalan lui-même filme tout cela comme un livre d’images convaincu que la solennité peut encore suffire.

L’année 2010 reste aussi attachée à l’explosion de Deepwater Horizon, immense démonstration de ce qui arrive quand les forces matérielles échappent au contrôle humain. Vu depuis ce point, le système élémentaire du film — eau, feu, air, terre — prend une coloration involontairement comique : le réel rappelait sa violence, Shyamalan la transformait en chorégraphie méditative pour adolescents. C’est précisément ce décalage qui rend l’objet fascinant.

Le film échoue souvent, bien sûr. Mais il échoue en croyant à quelque chose. C’est beaucoup plus rare que les ratages cyniques. Son sérieux excessif, tant moqué, lui donne au moins une identité. Il ne joue pas à être moderne ; il insiste, gauchement, pour rester un conte solennel. On peut s’en moquer. On peut aussi y voir une forme de courage mal récompensé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un seau à effets spéciaux aurait refusé de produire de l’eau tant qu’on ne lui récitait pas un haïku sur l’humidité sacrée.