The Darkest Hour
The Darkest Hour, en 2011, envoie Emile Hirsch, Olivia Thirlby, Max Minghella et Rachael Taylor dans une Moscou envahie par des entités invisibles faites d’électricité et de lumière. Le concept a été reçu avec une lassitude précoce, comme si le film devait s’excuser d’avoir préféré l’étrange à la crédibilité. Pourtant, cette étrangeté-là mérite mieux. Emile Hirsch, plus nerveux ailleurs, apporte une fatigue convenable à un héros pas très héroïque ; Olivia Thirlby injecte une vivacité bienvenue ; Chris Gorak, plus styliste que conteur, filme des rues désertes et des surfaces métalliques avec un goût réel pour le vide. L’ensemble est bancal, mais rarement paresseux.
L’année 2011 est celle de Fukushima. Le réel découvre alors ce que devient la peur quand elle se mêle à l’invisible, à l’énergie, à la contamination, à l’impossibilité de voir immédiatement le danger. The Darkest Hour ne prétend évidemment pas penser cela sérieusement, mais il récupère malgré lui quelque chose de ce climat : la menace n’a pas de visage, seulement des effets. Ce n’est pas rien.
Le film reste limité, parfois naïf, mais son minimalisme lumineux lui donne une identité propre dans un genre qui recycle trop souvent des monstres de placard. Il ose au moins rendre la terreur abstraite et les villes étrangèrement belles. Beaucoup de science-fiction ratée trébuche par manque d’image ; celle-ci trébuche avec image, ce qui est infiniment plus honorable.
🎬 Le saviez-vous ?
une ampoule halogène aurait exigé d’être maquillée avant chaque prise afin de “respecter la vulnérabilité chromatique des envahisseurs”.