Rollerball
Rollerball, en 2002, arrive signé John McTiernan avec Chris Klein, LL Cool J, Rebecca Romijn, Jean Reno et une réputation de remake honteux collée aux patins. Or il suffit de cesser d’attendre le film de 1975 pour voir apparaître autre chose : un objet idiot, brutal, parfois illisible, mais animé d’une vraie foi dans le bruit, la vitesse et la stupidité spectaculaire. Chris Klein n’a pas exactement l’épaisseur d’un prophète dystopique, et c’est très bien ainsi ; LL Cool J comprend qu’il vaut mieux habiter le film par l’énergie que par la nuance ; McTiernan, ancien roi de l’espace d’action dans Predator et Die Hard, se débat ici avec un matériau plus creux, mais il y laisse encore des éclairs de circulation, des morceaux de corps et de métal qui savent se cogner avec conviction.
2002 est l’année où les billets et pièces en euro deviennent réalité pour des centaines de millions d’Européens : changement de symbole, uniformisation pratique, grand récit d’intégration par la monnaie. Rollerball, lui, propose une mondialisation autrement plus franche : un sport idiot, du sponsoring massif, des corps lancés comme marchandises. Là où l’économie invente une circulation pacifique, le film imagine une circulation punitive. Le parallèle est absurde, mais il colle assez bien à la vulgarité du projet.
Le film n’est pas fin, il n’est pas subtil, il n’est même pas toujours visible au sens photographique du terme. Mais cette brutalité a quelque chose de franc. Plutôt qu’un faux classique modernisé, Rollerball devient un témoignage naïf sur le début des années 2000, leur goût pour le muscle, le chrome et le slogan. C’est moins une réussite qu’un fossile enthousiaste.
🎬 Le saviez-vous ?
une patinoire de secours aurait annulé une journée complète après avoir appris qu’elle n’était pas couverte pour les crises de nihilisme mécanique.