Critique
Titre original : The Boy Next Door
Un voisin trop parfait
Un voisin trop parfait, en 2015, donne à Jennifer Lopez, Ryan Guzman, John Corbett et Kristin Chenoweth un mélodrame érotico-thriller qui a tout pour devenir une blague facile. Ce serait passer à côté de sa franchise splendide. Jennifer Lopez, bien plus fine dans des partitions dramatiques qu’on oublie souvent, accepte ici de jouer à découvert, sans s’abriter derrière le second degré. Ryan Guzman, massif plus que subtil, comprend que l’excès est la seule tonalité viable. Rob Cohen, artisan du spectaculaire direct, ne cherche pas à raffiner la matière : il la laisse monter en température comme une casserole névrotique.
Pour lui trouver un voisinage historique, il suffit de regarder 2015 et le survol de Pluton par la sonde New Horizons. Pendant qu’un appareil humain nous envoyait des images précises d’un monde lointain, The Boy Next Door examinait avec un sérieux confondant le territoire bien plus dangereux de la pulsion de quartier. D’un côté l’exploration méthodique d’un astre ; de l’autre la preuve qu’un portail de jardin peut suffire à déclencher l’horreur. Le cinéma a parfois de drôles de priorités, et c’est heureux.
Le film n’a pas peur du ridicule, qualité sous-estimée. Il pousse la menace, les regards, les lettres, les mains sur les vitres, tout ce que le bon goût condamnerait d’avance. Cette absence de frein donne au projet une santé primitive. On n’y croit jamais tout à fait ; on le suit pourtant avec une concentration presque honteuse. C’est le signe qu’il a gagné.
🎬 Le saviez-vous ?
une boîte aux lettres de décor aurait demandé une prime de risque après avoir reçu plus de lettres dramatiques que la plupart des personnages.