Skyline
Skyline, en 2010, imagine Los Angeles attaquée par des vaisseaux extraterrestres aspirant les humains comme des poussières un peu trop bruyantes. Les frères Strause dirigent Eric Balfour, Scottie Thompson, Donald Faison, Brittany Daniel et David Zayas avec une réputation déjà plombée par l’idée que le film serait un blockbuster fauché qui prend trop au sérieux ses propres lumières bleues. Justement : cette gravité un peu disproportionnée fait une bonne partie de son charme. Eric Balfour, acteur rarement servi par des rôles élégants, trouve ici une tension presque primitive ; Donald Faison injecte un contrepoint plus mobile ; les Strause, techniciens des effets spéciaux avant tout, assument un cinéma de l’impact visuel qui ne cherche pas la respectabilité et en tire une vigueur sincère.
L’année 2010, marquée par l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull qui a paralysé le trafic aérien européen, donne au film un écho involontairement cocasse : le ciel, soudain, redevient un problème concret. Skyline prend cette angoisse-là et la gonfle jusqu’au délire cosmique. C’est beaucoup moins subtil qu’un grand film de SF, mais c’est aussi beaucoup plus honnête dans sa manière de transformer un malaise aérien en panique totale.
On lui reproche souvent de n’être qu’un spectacle de surface. C’est injuste. La surface est précisément son terrain, et elle y travaille avec conviction. Le film n’a pas besoin de philosopher lourdement pour exister ; il a besoin d’une montée de menace, de corps happés, de néons inquiétants, et il livre tout cela avec une franchise presque attachante.
🎬 Le saviez-vous ?
un technicien aurait passé une nuit entière à discuter avec une maquette de vaisseau, persuadé qu’elle comprenait mieux le scénario que les producteurs.