Critique

Charlie, les filles lui disent merci

Titre original : Good Luck Chuck

IMDb 5.6 / 10
Allociné 1.5 / 5
Rotten T. 5%
Critique
Affiche de Charlie, les filles lui disent merci

Charlie, les filles lui disent merci

Charlie, les filles lui disent merci, sorti en 2007, repose sur une idée si absurde qu’elle en devient presque conceptuelle : chaque femme qui couche avec Charlie trouve ensuite l’homme de sa vie, ce qui transforme le héros en sas romantique jetable. Mark Helfrich dirige Dane Cook, Jessica Alba et Dan Fogler avec une absence totale de honte qui mérite déjà un peu de respect. Dane Cook, souvent caricaturé comme machine à stand-up surexcité, trouve ici un emploi étonnamment cohérent de son énergie ; Jessica Alba, loin de ses rôles les plus iconiques, se débrouille avec une grâce plus souple que le scénario ne l’autorise ; Dan Fogler comprend la tonalité du film mieux que tout le monde et s’y installe comme chez lui. Le résultat n’a rien de distingué, mais sa vulgarité a le mérite d’être une proposition franche.

Le film paraît l’année où le premier iPhone commence à redessiner nos usages et nos narcissismes. Dès lors, Good Luck Chuck peut presque se regarder comme une comédie préhistorique sur la circulation des désirs à l’âge du signal faible : les corps y font encore office d’applications mal codées, les rencontres de notifications mal lues. Le rapprochement est absurde, donc instructif.

Ce qu’on lui reproche est précisément ce qu’il assume : son mauvais goût, sa vitesse, son refus de la jolie morale. À une époque où beaucoup de comédies romantiques feignaient la décence tout en pensant les mêmes choses, celle-ci préfère avouer sa bêtise. En un sens, c’est plus honorable.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un dauphin de location aurait refusé de “jouer sexy” dans une séquence, obligeant la production à négocier trente minutes avec un médiateur aquatique.