Critique

I, Frankenstein

IMDb 5.1 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 5%
Critique
Affiche de I, Frankenstein

I, Frankenstein

I, Frankenstein, en 2014, propulse la créature de Mary Shelley au milieu d’une guerre souterraine entre gargouilles et démons, avec Aaron Eckhart, Bill Nighy, Yvonne Strahovski et Miranda Otto sous la direction de Stuart Beattie. L’évidence voudrait qu’on s’en moque ; l’honnêteté commande de reconnaître au film une témérité presque magnifique. Aaron Eckhart, qui paraît parfois venir d’un autre film, prend pourtant le matériau au sérieux avec un entêtement qui force une forme de respect ; Bill Nighy, expert dans l’art de survoler les ruines avec classe, ajoute un supplément de théâtralité bienvenue. Beattie, scénariste de Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl ou Collateral, filme ici comme quelqu’un qui croit sincèrement qu’un gothique de parking peut produire de la grandeur. C’est raté, mais raté avec conviction.

La même année, la mission Rosetta place la sonde Philae sur une comète. Voilà un exploit scientifique minutieux, fragile, presque impossible. I, Frankenstein travaille à l’opposé : il jette des ailes, du cuir et de la mythologie remixée dans une machine tonitruante. Et pourtant, l’un comme l’autre partagent une forme touchante d’optimisme technique : la croyance qu’en assemblant assez de pièces on peut encore toucher l’inconnu.

Le film souffre d’un dialogue parfois en béton armé et d’une iconographie qui adore se regarder dans le chrome mouillé. Mais sa folie de second rayon n’est jamais cynique. C’est déjà une qualité rare dans le blockbuster tardif.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une gargouille décorative aurait été surprise en train de tourner légèrement la tête entre deux prises, déclenchant l’installation immédiate d’un comité de surveillance minérale.