Dream House
Dream House, en 2011, installe Daniel Craig, Rachel Weisz et Naomi Watts dans une demeure théoriquement idéale bientôt contaminée par un passé meurtrier, sous la mise en scène de Jim Sheridan. La réputation du film tient beaucoup à son statut d’accident mal monté, presque sabotage à ciel ouvert. C’est précisément pour cela qu’il mérite mieux que le ricanement standard. Daniel Craig, souvent plus efficace quand il peut compter sur son intensité sèche, semble ici chercher une émotion déplacée ; Rachel Weisz apporte une gravité bien plus fine que ce que l’intrigue mérite ; Naomi Watts fait de même, avec cette intelligence légèrement triste qui élève les projets bancals. Sheridan, réalisateur de My Left Foot et In America, paraît manifestement en terrain fragile, mais ce déplacement même donne au film une tonalité étrange, ni tout à fait studio, ni tout à fait intime.
2011 est aussi celle des révolutions arabes, moment où l’idée de “maison”, de refuge, d’intérieur protégé se voit brutalement contestée à l’échelle politique. Dream House ne pense pas si grand, évidemment, mais son obsession pour le foyer contaminé prend malgré tout, dans ce climat-là, une coloration un peu plus intéressante qu’un simple thriller domestique.
Le film est inégal, parfois maladroit, parfois trop explicatif. Mais il y a dans ses coutures visibles une forme de vulnérabilité rare. On sent le tiraillement entre plusieurs désirs de cinéma, et ce tiraillement même lui donne davantage de vie qu’à nombre d’objets supposés réussis.
🎬 Le saviez-vous ?
une porte de décor aurait refusé obstinément de grincer “sur commande”, forçant l’équipe son à lui faire écouter des compilations de bruits de manoir pendant toute une nuit.