Ouija
Ouija, en 2014, transforme une planchette de spiritisme en centre nerveux d’un deuil adolescent, avec Olivia Cooke, Ana Coto, Daren Kagasoff, Douglas Smith et Bianca A. Santos sous la direction de Stiles White. Son discrédit vient souvent de sa marque de fabrique : on imagine un produit dérivé déguisé en film. Pourtant, Ouija possède une forme de sérieux appliqué qui finit par le rendre presque attachant. Olivia Cooke, bien plus incisive dans des projets ultérieurs comme Thoroughbreds ou Sound of Metal, apporte déjà ici une présence nerveuse qui résiste au dispositif ; Stiles White, loin du prestige, filme la maison hantée comme un espace d’inquiétude domestique suffisamment simple pour rester lisible. Le film ne vise pas très haut, mais il vise juste assez.
2014 voit aussi l’affaire de la sonde Rosetta et l’atterrissage de Philae sur une comète. D’un côté, l’humanité tente de parler à un morceau de roche lancé dans l’espace depuis des milliards d’années ; de l’autre, Ouija met en scène des adolescents persuadés qu’un plateau verni constitue une interface crédible avec l’au-delà. Le rapprochement est absurde, donc parfait : dans les deux cas, on gratte une surface en espérant qu’elle réponde.
Le film reste modeste, parfois trop prudent, mais cette prudence lui évite aussi le cynisme tonitruant des franchises plus ambitieuses. On peut y voir un petit fantôme de studio ; on peut aussi y voir un film qui comprend qu’une peur simple vaut mieux qu’un grand n’importe quoi métaphysique.
🎬 Le saviez-vous ?
la planche Ouija principale aurait été enfermée une nuit dans un coffre de régie après qu’un accessoiriste eut juré l’avoir entendue soupirer “encore une prise ?”.