Critique
Titre original : Fool's Gold
L'Amour de l'or
L’Amour de l’or, en 2008, réunit Matthew McConaughey et Kate Hudson dans une chasse au trésor tropicale faite de séparation conjugale, de plongées, de dettes et de flirt balnéaire, sous la direction d’Andy Tennant. Le film est souvent renvoyé à sa frivolité de carte postale, comme si le cinéma n’avait plus le droit de bronzer sans complexe. Pourtant, McConaughey y déploie précisément ce mélange de nonchalance et d’obstination qui fera plus tard la saveur paradoxale de sa carrière ; Kate Hudson, qu’on a trop vite assignée à un registre léger, apporte une intelligence de rythme que le scénario exploite mieux qu’on ne le dit. Tennant, artisan du romcom-spectacle, ne prétend pas réinventer Howard Hawks ; il organise la circulation d’un plaisir de surface, et cette modestie lui profite.
On pourrait croire 2008 trop grave pour ce genre d’objet : faillite de Lehman Brothers, panique bancaire, économie mondiale en vrille. Justement. Dans un moment pareil, le film a presque l’élégance de proposer une archéologie inverse : pendant que la finance découvre qu’elle a bâti du vide, L’Amour de l’or fait de la quête d’un trésor une absurdité joyeuse, concrète, enfin tactile.
Le film n’a rien d’un chef-d’œuvre, mais son énergie solaire est plus difficile à produire qu’il n’y paraît. Il sait que la chimie de stars vaut parfois mieux qu’un scénario surécrit, et il a raison. On lui reproche sa légèreté ; il faudrait peut-être lui savoir gré de ne pas confondre légèreté et paresse.
🎬 Le saviez-vous ?
un détecteur de métaux aurait cessé de fonctionner après avoir annoncé qu’il “refusait de collaborer avec une intrigue aussi charmante sans participation aux bénéfices”.